Les pesticides sont utilisés en complément des OGM

Les pesticides sont utilisés en quantités considérables depuis plus d'un demi-siècle par l'agriculture intensive. On retrouve des résidus de pesticides partout : dans l'eau, dans l'air, dans les brouillards et dans l'eau de pluie. Les pesticides posent donc un réel problème pour la santé des agriculteurs et des consommateurs. La France, étant le premier consommateur de pesticides en Europe et le quatrième dans le monde, a décidé de réduire sa consommation en produits phytopharmaceutiques. Pesticides, insecticides et fongicides empoisonnent 3 millions de personnes chaque année, provoquant maladies chroniques et décès. Ce chiffre a peu de chances de diminuer : le recours aux produits phytosanitaires dans le monde, qui atteint déjà 2 kg/ha/an, est en constante croissance. On en retrouve des résidus sur les fruits et légumes traités et jusque dans l'air intérieur des maisons. Par ailleurs, la contamination d'écosystèmes par ces substances est durable et synonyme de diminution de la biodiversité. Les OGM peuvent être une alternative aux produits phytopharmaceutiques, en pratique beaucoup d'herbicides doivent être appliqués plusieurs fois pour être efficaces. Ils doivent être sélectifs pour n'atteindre que les plantes indésirables et laisser intacte la plante cultivée. Le gène de résistance à un herbicide total introduit dans la plante cultivée permet de se débarrasser de toutes les mauvaises herbes. Il semble même qu'un seul traitement puisse suffir dans beaucoup de cas.

 

I. moins de pesticides

Par la transgénèse, l’être humain peut produire des plantes génétiquement modifiées (GM) afin de les rendre tolérantes aux herbicides ou résistantes à certains insectes ou à certaines maladies. Les cultures tolérantes à un herbicide ont été développées en vue de faciliter la lutte contre les mauvaises herbes. En effet, les agriculteurs peuvent ainsi arroser tout leur champ avec un seul herbicide – celui que tolèrent les végétaux GM – pour tuer les mauvaises herbes sans nuire aux cultures. Par ailleurs, la culture d’OGM résistants à un insecte permettrait de réduire l'apport de produits chimiques au champ, puisque la plante peut se défendre elle-même contre l’insecte nuisible en produisant, en quelque sorte, son propre insecticide. L’utilisation d’OGM aurait réduit l’épandage de pesticide de 172 millions de kg entre 1996 et 2004 et en aurait diminué l’impact environnemental de 14 %. Elle aurait ainsi diminué significativement l’émission de gaz à effet de serre (moins d’épandage, donc moins d’essence utilisée)

II. moins d'herbicides

Certains OGM ont été développés pour faciliter le désherbage. Les mauvaises herbes volent en effet l’humidité et les nutriments nécessaires à la croissance des cultures. Elles réduisent le rendement des plantes et hébergent des organismes nuisibles. Avant le développement des OGM, les agriculteurs avaient deux solutions pour réduire l’impact de ces mauvaises herbes : labourer, remuer et biner la terre avant le semis pour tuer les mauvaises herbes (au risque d’exposer le sol au vent, à la pluie et d’accroître son érosion) ; épandre des herbicides (toxiques pour les mauvaises herbes et parfois aussi pour les cultures, ils devaient être utilisés à des doses massives avant le semis). Grâce aux OGM, les agriculteurs échappent à ce dilemme puisque le développement de variétés tolérantes à un herbicide leur permet de désherber pendant la culture et limite le labour et l’épandage massif d’herbicides avant semis.

 Les OGM ont aussi permis de faire évoluer la nature et la quantité des pesticides ou herbicides utilisés. L’utilisation de semences résistantes aux herbicides favorise le remplacement d’herbicides « sélectifs » par le glyphosate ou le glufosinate, herbicides « totaux ». Alors qu’il fallait traditionnellement épandre un mélange d’herbicides synthétiques pour tuer le maximum de mauvaises herbes, le passage aux OGM a permis de ne plus recourir qu’à un seul herbicide. Persistant deux fois moins longtemps dans l’environnement, il est au moins trois fois moins toxique.


Depuis l’arrivée du soja tolérant à un herbicide, les États-Unis ont observé une légère baisse d’utilisation des herbicides en agriculture. Entre 1995 et 1998, les producteurs américains de soja tolérant à un herbicide auraient réduit de 10 % en moyenne la quantité d’herbicides utilisés dans leurs champs. En 2005, la culture de soja tolérant au glyphosphate nécessiterait 25 % moins d’herbicide que la culture de soja traditionnel. Aux États-Unis en 2004, la culture de canola tolérant aux herbicides aurait réduit la quantité de pesticide utilisé de plus de 165 000 kg. Tandis que pour la même année, la culture de maïs tolérant aux herbicides aurait diminué la quantité de pesticide utilisé d’environ 7,3 millions kg.

 

III. moins d'insecticide

Aux États-Unis, la culture de maïs résistant aux insectes permettrait une diminution annuelle de la quantité d’insecticide utilisé d’environ 1,5 million kg, soit 6 %. En Chine et en Afrique du Sud, la réduction des pulvérisations de pesticides sur le coton a entraîné une amélioration significative de la santé des travailleurs agricoles.

Toutefois, ces avantages se trouveraient réduits s'il s’avérait nécessaire d'appliquer des doses supplémentaires d'insecticides advenant l’apparition d’une résistance chez les insectes nuisibles.

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